Jean-Pierre Dunal

 

D’origine Française, je suis né à Tunis. Je foule le sol de France pour la première fois à l’âge de deux ans. Je vis actuellement dans le sud de la France. Quelle drôle d’expérience que cette vie terrestre, n’est-ce pas ?

 

Durant toute ma petite enfance et mon adolescence passée dans la banlieue Parisienne, j’éprouvais un sentiment de perdition, face à ce monde agité et violent. J’avais les yeux ouverts, je voyais les gens, je voyais le monde mais je ne le comprenais pas. Combien de fois me suis-je demandé: « Mais qu’est-ce que je fais ici ? ». Ni les comportements, ni les idées, ni les actes de mes semblables ne trouvaient de cohérence à mes yeux. Jamais ce sentiment de perdition ne m’a lâché durant toute mon adolescence. Jamais aucune aventure, sociale, sentimentale, ni même artistique, n’a pu recouvrir ou dissiper ce profond tourment.

 

Ce sentiment de perdition était de toute évidence l’expression de mon incompréhension face à ce monde, face à la vie, face à l’être que j’étais. J’avais soif de lumière, de compréhension, mais j’avais également besoin d’harmonie, de paix, de douceur de vivre.

 

Beaucoup de questions hantaient mon esprit et je cherchais des voies, des solutions. Les religions me demandaient de croire aveuglément à des choses invérifiables et qui me paraissaient à l’époque invraisemblables, d’autres voies prodiguaient des préceptes, des techniques, des prières, des mantras. Tout cela ne solutionnait en rien mon problème intérieur qui n’était autre qu’une soif de lumière, de compréhension, mais également une soif de liberté. A l’évidence, l’adolescent tourmenté que j’étais a « attiré » à lui celui qui allait répondre à son attente, celui qui allait l’aider et l’accompagner tout au long de son cheminement spirituel.  Je veux parler ici de mon « guide », Albert Vallé.

 

Beaucoup d’hommes et de femmes intrépides se lancent dans des aventures terrestres et en commencent une nouvelle dès que la précédente s’est achevée. C’est la preuve qu’il ne s’agissait pas de « l’Ultime Aventure », l’aventure avec un grand « A ».

 

Lorsque vous accomplissez « l’Aventure Intérieure », celle Spirituelle, vous savez que c’est « Elle » et qu’il n’y en a pas de plus essentielle.

 

C’est à l’âge de dix-sept ans, par l’intermédiaire de mon père, qu’il me fût permis de rencontrer Albert Vallé. Est-ce le rayonnement de cet homme, le rayonnement du lieu, les mots qu’il employa, les sujets abordés qui répondaient enfin et de façon concrète à mes attentes? Cette entrevue fût un moment quasi irréel. Au sortir du premier entretien, je me trouvais comme hébété face à l’agitation de la rue. Mais je me sentais aussi léger que l’air, aérien et libre. Un voile épais, celui de mon mental venait de se déchirer. Un vaste espace en lequel s’engouffrait une incroyable énergie, venait de s’ouvrir en moi. Une joie immense me transportait littéralement. Trois jours plus tard, malheureusement, le « voile de l’ignorance » retombait sur mes yeux et j’errais à nouveau dans les marécages obscurs de mon mental et de mes tourments. Mais, je savais au fond de moi, qu’entrevoir la lumière était possible. Ce que j’avais pu expérimenter, « toucher du bout des doigts », le temps de cet entretien avec Albert Vallé, était une « aube naissante », les lueurs évanescentes de ce que certains appellent la « Vérité ». Enfin quelqu’un ne me demandait pas de faire des choses que je ne comprenais pas ou de croire à des histoires invraisemblables. Enfin quelqu’un me parlait lucidement de la Vie, et cela, je pouvais le vérifier par moi-même.

 

C’est cela la « Vérité », ce sont des aspects, des facultés, des Lois qui sont fondamentales à la Vie, à tout être vivant, à toute créature et que l’on peut voir, à l’évidence, en esprit, par soi-même.

Où cette personne allait-elle m’emmener au travers de ses discussions? Je ne le savais pas. Malgré cela, j’y allais, poussé par une intuition évidente qui me disait que le bon chemin était bien « Celui-là » ! J’y allais, certes, mais certainement pas avec les yeux fermés ou avec des œillères, c’était d’ailleurs là une chose nouvelle pour moi, être dans « l’Eveil » et garder les yeux ouverts. Albert Vallé me demandait sans cesse de porter mon attention et de bien observer tous les aspects qu’il abordait. J’avançais lentement, pas à pas, certes, mais dans la Lumière.

 

Tout au long de mes expériences humaines et sociales, ce sont les femmes qui ont véritablement fait mon éducation et non les hommes. Ces derniers ne faisaient que me renvoyer le reflet de ma propre image, alors que les femmes me confrontaient à des aspects « inconnus » et mystérieux, comme notamment les sentiments, la sensibilité. C’est au travers de mes expériences féminines que des choses m’ont interpelé, troublé, passionné, voire meurtri. Ce sont ces rencontres merveilleuses et troublantes qui ont éveillé en moi bien des émotions, mais aussi certains «démons » restés cachés jusqu’alors. Ce sont ces confrontations intérieures qui ont servi de «matière » et de « terrain » aux innombrables regards portés.

 

Je vois aujourd’hui l’aspect « masculin » avec plus de recul et de lucidité. Les hommes sont de nature intrépide, souvent prêts à se lancer dans d’incroyables aventures. C’est véritablement cet aspect qui les caractérise. Mais, sous l’emprise de leur mental égocentrique, ils sont aussi capables des pires cruautés. C’est lorsqu’enfin ils se tournent vers la Vie et le Divin, qu’ils ouvrent leur cœur et leur esprit, qu’ils deviennent des serviteurs puissants, capables d’exprimer beaucoup d’abnégation, d’altruisme et d’implication dans leurs actes.

 

Les reproches que les hommes et les femmes se font les uns aux autres sont les effets de profondes frustrations inconscientes et du sentiment d’incomplétude présent dans les cœurs. Les accusations qu’ils se portent mutuellement, creusent un peu plus à chaque fois le fossé déjà existant. Si chacun d’entre eux faisait un travail de « Soi-Regard », mais aussi un travail de regard vers l’autre, c’est naturellement qu’ils se prendraient la main et s’épauleraient sur le chemin déjà bien difficile de la Vie. Les hommes et les femmes sont aux prises avec les mêmes maux, mais ceux-ci s’expriment sous des aspects différents. Ces maux sont de nature égocentrique et ont comme noyau central le « moi » et son cortège d’instincts, de désirs, de peurs et d’illusions sur la vie. Les hommes et les femmes mènent le même « combat », celui qui consiste à faire la lumière à l’intérieur de soi, à ouvrir son esprit et son cœur au monde, à la Vie.

 

Nous ne souffrons pas d’Amour ! L’Amour n’a pas d’opposé et se manifeste dans une dimension où il n’y a pas de division, pas de conflit, pas de raisonnement intellectuel, pas de polarité homme-femme. Nous souffrons d’instincts frustrés, du sentiment d’être dépossédé, d’égocentrisme, de peurs, de " moi meurtri ". Par ignorance, nous accusons les autres d’être la cause de nos souffrances, alors nous les faisons souffrir à notre tour. C’est un film sans fin.

 

Le travail, l’aspect matériel n’a jamais été pour moi un souci majeur.  J’ai toujours vécu de « petits boulots », de petits jobs. Il est vrai que la conjoncture était favorable à l’époque et que l’on pouvait changer assez facilement d’activité mais, de toute évidence, « l’Essentiel » était ailleurs en ce qui me concernait. Je n’ai donc jamais pu m’impliquer vraiment dans ma vie sociale. La musique et le sport ont pendant une certaine période de ma vie créé des univers dans lesquels je pouvais m’évader et échapper un peu à la triste réalité humaine et sociale.

C’est à la mort de mon guide Spirituel, Albert Vallé, que l’écriture s’est imposée. Il m’apparut évident qu’il fallait transmettre au monde les messages précieux qu’il m’avait confiés, et partager également les fruits de mon propre travail. Aider les autres afin que les choses changent dans nos vies absurdes, ou tout du moins, aider ceux et celles qui sont susceptibles d’être touchés par le message. Telle était ma seule préoccupation lorsque je me suis lancé dans l’écriture du livre

" La Voie du Soi-Regard. Eveil et Plénitude de l’ÊTRE ".

 

Toute ma vie est désormais tournée vers ce seul et unique but.